Éditorial — Le Stylographe n°75
10 septembre 2026 — L’Actualité Stylographique
La « Déclaration universelle des droits de l’homme » devrait mentionner « le droit de bien écrire » afin de pouvoir calligraphier à loisir le beau mot « liberté » si bien
Par Jean-Pierre Guéno LE DROIT ET LE DEVOIR DE BIEN ÉCRIRE La « Déclaration universelle des droits de l’homme » devrait mentionner « le droit de bien écrire » afin de pouvoir calligraphier à loisir le beau mot « liberté » si bien vanté par Paul Eluard. Il ne faut pas revendiquer comme un privilège mais comme un droit celui de l’accès aux beaux outils d’écriture, tant par leur ergonomie que par leur design et par les matières et les métaux qui les composent. Il faut revendiquer le droit aux plumes souples, douces et nerveuses. Il faut revendiquer le droit aux jolis mots, à ces mots recherchés, à ces mots nuancés, à ces mots passionnés qui animent nos rêves et qui bercent nos amours. Ce droit de bien écrire relève aussi du devoir. Il est une preuve d’égard envers les autres. Nous devons rester lisibles pour mieux vivre ensemble. Les mots doivent rester des gourmandises partagées. Notre cerveau est un fabuleux décodeur. Il faut le nourrir et rappeler ce que pensait Antoine de Saint-Exupéry, l’auteur du « Petit Prince » : « Rendre aux hommes une signification spirituelle, des…